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Dans la bouche de Baptiste Denieul

Entrepreneuriat, management communication… les membres d’EAT Community prennent la parole pour partager leurs conseils d’entrepreneurs. Aujourd’hui, c’est Baptiste Denieul, chef étoilé à l’Auberge Tiegezh, qui partage ses conseils et sa belle vision de l’entrepreneuriat. 

« L’entrepreneuriat, c’est ne pas avoir peur de mettre ses rêves en application »

 

  • Un mot sur vous ?

Baptiste Denieul, je suis le chef de l’Auberge Tiegezh, située à Guer dans le Morbihan. Nous sommes dans les terres bretonnes, en plein cœur de la forêt de Brocéliande.

En 2013, avec mon épouse Marion, j’ai repris le bar-crêperie que mes parents avaient ouvert en 2003. Nous avons transformé le bar en partie bistrot et la crêperie en restaurant gastronomique.

Trois ans après notre ouverture, nous avons décroché une étoile au Guide Michelin. Ce fut une belle récompense qui nous a permis de développer d’autres projets : nous avons construit un hôtel, créé un potager, ouvert les salles sur un jardin.

En breton, Tiegezh veut dire famille. C’était important pour nous de faire de l’établissement une véritable auberge familiale dans laquelle les gens peuvent dormir, manger gastronomique ou bistrot. Au fil de temps, nous essayons de faire évoluer notre identité. Nous travaillons par exemple à 90% avec des produits locaux. Nous avons également le souhait de préserver une démarche humaine, avec ceux que nous embauchons, mais aussi ceux qui nous fournissent.

 

  • Une définition de l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat, c’est ne pas avoir peur de mettre ses rêves en application. Que l’idée soit osée, risquée, ou pas, on ne pense pas à ça sur le moment. Si on a envie d’ouvrir un restaurant, la première chose à laquelle on pense ne doit pas être le coût du projet. Évidemment, c’est important, mais ça ne doit pas être un frein. L’essentiel, c’est d’être heureux dans ce que l’on fait. Il faut aller au-delà de ses craintes. Après avoir fait ses premiers pas dans l’entrepreneuriat, on a souvent envie d’entreprendre encore et encore. Et même si on échoue, on sait qu’il y aura un moyen de rebondir. C’est un état d’esprit.

 

  • Un meilleur allié business ?

Notre couple. Marion et moi sommes différents, mais complices et complémentaires. Pour ma part, je vais avoir un côté très créatif. Je me refuse d’avoir le nez sur les comptes. Si je le faisais, je me sentirais sûrement freiné dans ma créativité. J’ai des repères : je sais par exemple que mon coût matière ne dépasse pas les 30% et qu’il en va de même pour ma masse salariale.

Marion, quant à elle, a un regard pointu sur la gestion, sur le fonctionnement global de l’Auberge.

La complémentarité de nos compétences fait notre force.

 

  • Une astuce pour faire rayonner votre entreprise ?

J’ai la chance, de par ma jeunesse, de maîtriser les codes des réseaux sociaux. Je les utilisais beaucoup, même avant d’avoir mon entreprise. J’apprends aujourd’hui à les utiliser à bon escient. Je pense que le plus important, c’est de rester sincère. Je ne calcule pas ce que je mets sur les réseaux sociaux. On le ressent quand une communication est trop réfléchie, trop contrôlée. En tant que lecteur, on se dit que ce n’est pas ça que l’on est venu chercher. Ce que le lecteur veut connaître, c’est l’expérience qui va lui être proposée. Le plus important, c’est de rester soi-même, ne pas se demander systématiquement si sa photo va être assez belle, assez précise. Ce que je mets sur les réseaux, c’est ce que je suis réellement, ce que je veux faire transparaître.

 

  • Un conseil management pour des équipes au sommet ?

Je pense qu’il faut arriver à être respecté par ses équipes. Pour ça, il faut savoir les valoriser. C’est bien de dire quand ce n’est pas bien. Mais il faut également savoir dire quand c’est bien. J’essaie de créer un équilibre. Si durant une journée, j’ai passé mon temps à engueuler un salarié, le lendemain, même s’il commet de petites erreurs, je ne vais pas forcément les lui reprocher. Je vais plutôt lui dire ce qu’il a fait de bien pour qu’il reprenne petit à petit confiance en lui. Et quand on dit ce qui ne va pas, il faut savoir pointer ce qui ne va vraiment pas. On ne peut pas passer son temps à relever les moindres détails. Personne n’est jamais à 100% parfait. Avec mes salariés, je fonctionne ainsi. Je ne relève pas tout. Je partage ce qui me semble important et le lendemain, si c’est nécessaire je dis autre chose. J’essaie de trouver un équilibre.

 

  • Un mot de la faim ?

Je pense qu’il ne faut rien s’interdire, toujours faire ce que l’on aime. Il faut cuisiner avec son cœur plus qu’avec sa tête.

 

Retrouvez Baptiste Denieul à L’Auberge Tiegezh

7, place de la gare, 56380 Guer

02.97.22.00.26

 

Vous souhaitez connaître d’autres conseils entrepreneuriat ? Découvrez ceux du chef Christophe Dovergne !